Trail de Capuchadou (Aubrac) 22 avril 2017

Excitation, impatience, plaisir, doute,  souffrance, gros doute, colère, hargne, rage, confiance, fierté….
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Le parcours ici avec Garmin

Nous sommes dans la maison d’hôtes du Refuge de Lenne avec Stephanie, sa puce Sylvie et  Boualem . Au dîner, nous rencontrons un coureur, Benoit, qui se joint à nous. Benoit semble curieux …hum hum … je porte fièrement mon sweet des « 100km de kin »…ça calme et ça impressionne surtout quand je lui dis d’un air détaché  «  ah, ça  (en montrant le logo), c’est un petit 100 km que l’on a fait à Kinshasa il y a 3 semaines » Boualem baisse la tête, Yann en fait autant et comme je vois notre jeune ami me croire encore + que je ne pouvais l’imaginer, je dis la vérité ; 55 pour Yann et quand même 42 km pour moi ! il reste malgré tout impressionné !    

Il est 6h00, T :5°, allez debout .Vite je me colle des ThermaCare sur les cervicales, les cuisses et une grosse sur le dos, ça chauffe super bien, c’est génial (sur le tee shirt c’est très bien et ça ne risque pas de brûler)

Boualem est déjà parti depuis 4 h00 du mat !

7h00 : en route pour Gêniez d’Olt ou nous attend la navette pour aller au point de départ des 50 à Laguiole.

8h00 : départ de la navette. Dans le bus, bonnet visé sur la tête et gants sur les mains, on écoute, d’une oreille discrète (heu non, on écoute avec nos 4 oreilles !) nos voisins.

«  Regarde la bas, en haut, c’est là que nous avions de la neige l’an dernier » « et puis la bas, en bas, tu vois, tu montes et ensuite tu redescends …c’est toujours inondé ! »

9h00 : Arrivée à Laguiole. Musique, bonne ambiance…ça ne rigole pas quand ça danse à Laguiole! impressionnant . 

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La panoplie du parfait « trailleur » est au top ! et il fait méga beau, quelle chance  

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9h50 : c’est parti. Ma montre va trouver le satellite environ  1km après le départ …ça commence bien !

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Début, ça va sauf que l’on a  la bouche et la gorge sèches, c’est dingue. On n’a pas ça à Kin, c’est quoi ce pays, et puis nous sommes à 1000m donc il faut contrôler le souffle. J’ai du mal au début (heureusement que j’ai arrêté de fumer !) 4 ou 5  km plus tard ça va mieux de ce côté.

Ça monte, ça monte, nous le savions mais ce sont des sentiers, pas facile avec beaucoup de cailloux et de trous. Du plat ? … oui quand on traverse les champs de vaches avec des gros trous de sabots partout. Impossible de courir pour l’instant pour moi, trop peur de me tordre une cheville.

12 km et Zut j’ai oublié de désactiver la vibration du kilométrage de ma montre…ça commence à m’agacer.

C’est beau, des jonquilles à droite, eux non à gauche ! Paysage superbe sous un ciel bleu

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15 km, ça monte ça descend, c’est dur, très dur et je commence à marmonner. Mais ce n’est pas possible j’ai l’impression d’avoir fait 30 km ! Yann me propose un petit arrêt. Barre de céréales, eau etc.. Ça va mieux, en plus je vois un beau sentier presque plat et presque sans cailloux ni trous.

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Yann va se « soulager » et me dit de partir devant …grave error !!!! Je pars, cool je peux courir, j’allonge la foulée, ça me retends, paysage superbe, météo au top je respire je cavale … bref un vrai plaisir

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Tiens je ne vois plus personne, oh pas grave, je continue et soudain j’entends au loin, très loin un «  Gégé » je continue malgré tout et puis je m’arrête parce qu’il n’ y a vraiment plus personne, que des arbres !! Et je ré entend «  Gégé ».  STOPPPP. Demi-tour…. et je vois Yann qui court vers moi : «  Mais enfin Gégé, tu t’es trompée ce n’est pas par-là !! » Oups, ah bon !! Yann me raconte : Je voyais les rubalises jaune et rouge du parcours  qui partaient à gauche et puis soudain je vois un point rose que bougeait et s’éloignait vers la …droite ! » 400 m de + au compteur !  

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Apres ce petit interlude, nous repartons. Au 19ème  Km, j’en ai marre, ce n’est pas possible. Le doute s’installe. Abandon ? Non impossible. Ça tire, ça fait mal, je suis nouée de partout, le dos, les jambes, le cerveau ! Yannou me dit «  tu peux t’arrêter dans quelques mètres, il y a une route et les organisateurs sont là. » Non mais ça va pas, m’arrêter, il est fou ? Ah non alors. Je relance la machine. Nous arrivons en haut du plateau, enfin le point le plus haut. Une véritable carte postale…bon sang qu’est ce que c’est beau  

Petites barres de céréales salées et sucrées et l’on discute avec un couple qui nous apprend que nous sommes au point le plus haut de notre Trail 1400 m. Ouf, enfin une bonne nouvelle et le monsieur ajoute «  le plus dur est derrière vous ! » ah cool, ça me redonne un bon coup de fouet.

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Effectivement au 25 ème ça descend doucement, piste large c’est super.

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30ème  km:  une rivière à traverser,  ben voyons, il reste 20 bornes, ils veulent que l’on se trempe les jambes jusqu’aux genoux. Mon broussard nous trouve une » bi » route et hop hop d’un caillou à un autre nous sommes sur l’autre rive… les pieds tout secs.

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Et puis ça recommence,  au 34 ème ça  RE monte. Mais ce n’est pas possible et c’est quoi cette montée ? Il faut presque se mettre à 4 pattes et c’est long (800m). Des coureurs du 105 nous doublent, « allez courage c’est presque fini » Presque fini ? Tu parles, il reste 16 bornes encore. Je dis gentiment merci, c’est vrai que c’est très sympa.

Ça descend, ça fait mal, Yann descend en marche arrière,  trop risquer pour moi, suis certaine de tomber ! Nous pensons très fort à Boubou, mon dieu comment il va faire ? Il sera au 84ème km lui ! oh la la. Il nous dira à son arrivée qu’il a pensé très fort à nous aussi, et surtout à Yannou «  comment il va faire pour trainer gégé !!! »  

Je rouspète, Yannou ne sait plus quoi me dire, le pauvre, je bougonne 

Stop pâte de fruit et nous repartons. Nous arrivons sur une route et les organisateurs nous annoncent « allez-vous y êtes presque plus que 10.5 km ! » je regarde ma montre et je vois 12. Je demande : «  on va courir un peu sur la route ? J’ai envie de bitume, du dur, du plat, du large je veux courir !  ah non non, vous allez tourner à droite, la bas et prendre le sentier. Bon tant pis.

On repart dans la foret, le soleil se couche. Il commence à faire plus frais et ça remonte encore et encore. Il est ou « le  plus dur est derrière vous ? ». Je n’en peux plus mais je dis à Yannou,  allez on court ras le bol, profitons du sentier un peu plus large,  il faut en finir. Bizarrement je suis bien quand je cours.  Nous sortons enfin du bois , Yann refait le plein d’eau dans une fontaine, je prends une photo du « en face la fontaine » histoire de… 

 

 

plein d'eau

 

 

Nous croisons un monsieur «  bravo, courage vous êtes à 2 ou 3 km de l’arrivée.  Super, je dis à Yannou : « il reste un peu plus d’un tour du fleuve ! »

1 km plus loin, les gens sur le bas-côté nous encouragent, « allez courage il reste 3 km » ! Comment ça 3 km !!! Pas grave on court.

Encore 1 km, on aperçoit Stéphanie et  Sylvie. Oh comme ça fait du bien …

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500 m ; 400m on y arrive,

300m,  et bien les organisateurs ont réussi à trouver une dernière montée à 300 m de l’arrivée !

200m, 100m,  je pars sur la gauche et j’entends Yannou «  mais Gégé tu vas ou ? C’est par ici  »  Je vais ou, je vais ou, je ne sais pas, je ne sais plus et voilà le gymnase, la délivrance …. 

 

 

 

 

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Conclusion : Nous en cherchons un autre pour l’année prochaine !!!!

 

 

 

 

 

 

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